Cacao ivoirien : la durabilité ne peut exister sans justice pour les producteurs

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Cacao ivoirien : la durabilité ne peut exister sans justice pour les producteurs

La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao (environs 2 millions de tonnes par an), alimentant l'industrie mondiale du chocolat et générant 4 à 6 milliards de dollars annuels. Pourtant, à l'origine de cette richesse, des millions de paysannes et paysans continuent de vivre dans des conditions précaires, avec un revenu moyen souvent inférieur au seuil de "revenu décent".

Ce paradoxe n'est plus acceptable.

Depuis plusieurs années, le discours autour du « cacao durable » s'impose dans les agendas internationaux. Les multinationales multiplient les engagements en matière de traçabilité, de lutte contre la déforestation ou encore de responsabilité sociale. Mais une question essentielle demeure largement éludée : les producteurs vivent-ils dignement de leur travail ?

La réponse, dans bien des cas, est non.

Face à cette réalité, le Différentiel de Revenu Décent (DRD) a été introduit en 2020 comme un mécanisme visant à garantir un meilleur revenu aux producteurs via une prime de 400 USD par tonne. Sur le papier, il s'agit d'une avancée majeure. Dans les faits, son impact reste limité : malgré 500 milliards FCFA générés pour les producteurs en 2020/2021, des stratégies de contournement par les multinationales (décotes, dilution dans les couts) vide cet instrument de sa substance, empêchant les producteurs d'en ressentir pleinement les bénéfices.

« Comment prétendre construire une filière durable tout en maintenant ceux qui la font vivre dans la précarité ? »

La position de JVE Côte d'Ivoire

À Jeunes Volontaires pour l'Environnement, nous portons une conviction claire : la durabilité ne peut être réduite à des engagements environnementaux ou à des labels. Elle doit commencer par la justice sociale.

Nos appels à l'action

C'est pourquoi nous appelons :

›          À l'application effective du Différentiel de Revenu Décent (DRD) pour les paysannes et paysans ivoiriens ;

›          À une responsabilisation réelle des multinationales du cacao, qui doivent cesser de contourner leurs engagements ;

›          À une transformation profonde de la filière, plaçant enfin les producteurs au cœur des décisions.

Car sans revenu décent, il n'y a ni durabilité environnementale, ni stabilité sociale. Un producteur en situation de précarité ne peut investir dans des pratiques agricoles durables, ni résister aux effets du changement climatique.

La vérité est simple : il n'y aura pas de cacao durable sans justice pour les producteurs.

Il est temps de passer des promesses aux actes.

Article rédigé par nos jeunes volontaires

JVE Côte d'Ivoire.